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Contre-terrorisme et Droits de l’homme : Le CNDH pour une approche basée sur le respect de la dignité humaine et de l’État de droit.

Invité à présider la cérémonie d’ouverture d’un séminaire de haut niveau organisé par l’Académie Internationale de Lutte contre le Terrorisme, en partenariat avec le Centre de Genève pour la Bonne gouvernance du secteur de la sécurité, sur le thème « Le contre-terrorisme et le respect des droits humains », le Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH), à travers son vice-président, M. Bamba Drissa a souhaité que la lutte contre le terrorisme s’articule autour du respect des Droits de l’Homme et de l’Etat de droit. Il a souhaité que « les travaux de ce séminaire permettent de faire émerger des recommandations concrètes, adaptées à nos réalités et susceptibles de contribuer au renforcement de nos politiques publiques ». Il faut noter ce séminaire qui tient les 21 et 22 septembre à l’hôtel Palm Club, à Cocody, réunit un kyrielle d’experts et de spécialistes des droits de l’homme et de la lutte contre le terrorisme venus d’horizons divers.

« Ci-dessous les morceaux choisis du discours du CNDH, lu par Monsieur le Vice-Président, Bamba Drissa, au nom du Président du CNDH, Dr Adjelou Christian Arnaud.

« Je voudrais, avant tout propos, saluer l’initiative de l’Académie Internationale de Lutte contre le Terrorisme, en partenariat avec le Centre de Genève pour la gouvernance du secteur de la sécurité, d’avoir placé cette problématique au centre de nos échanges. Je remercie ces deux organisations, pour avoir choisi le Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH) de Côte d’Ivoire pour présider cette rencontre de haut niveau.

Le choix de ce thème est particulièrement pertinent. Il intervient dans un contexte international et régional marqué par la persistance de la menace terroriste, l’évolution de ses modes opératoires et l’apparition de nouvelles formes de radicalisation et de violence.

Face à cette menace, la responsabilité première de l’État est de protéger les populations, de garantir leur sécurité et de préserver la paix et la stabilité. Mais cette responsabilité ne saurait s’exercer en dehors du droit. La lutte contre le terrorisme ne peut être durablement efficace que si elle demeure fondée sur l’État de droit, la dignité humaine et le respect des droits et libertés fondamentaux.

Mesdames et Messieurs,

Le terrorisme constitue une grave menace pour la vie, la sécurité, la paix et la dignité des personnes. Il porte atteinte aux fondements mêmes de nos sociétés et fragilise les institutions, tout en cherchant à semer la peur et à opposer les communautés.

Il est donc légitime et nécessaire que les États mettent en œuvre des politiques et des mécanismes efficaces de prévention et de lutte contre ce phénomène. Lorsque la lutte contre le terrorisme s’accompagne de violations des droits fondamentaux, elle risque non seulement de fragiliser la confiance des citoyens envers les institutions, mais également de créer les conditions susceptibles d’alimenter la radicalisation et le sentiment d’exclusion.

L’équilibre que nous devons rechercher entre nos pratiques de sécurité et l’exigence de protection des droits de l’homme porte directement sur les pratiques des forces de défense et de sécurité, les conditions d’interpellation et de détention, le respect des garanties judiciaires, la protection des personnes vulnérables, la prévention de la torture et des traitements cruels, inhumains ou dégradants, ainsi que la liberté d’expression et les autres libertés publiques. Il concerne également les populations vivant dans les zones affectées par le terrorisme, qui sont souvent les premières victimes de cette violence.

Mesdames et Messieurs,

Dans ce contexte, les Institutions nationales des droits de l’homme ont un rôle particulier à jouer. Le Conseil National des Droits de l’Homme de Côte d’Ivoire (CNDH) est pleinement conscient de cette responsabilité. Il œuvre à la promotion et à la protection des droits de l’homme, tout en demeurant attentif aux impératifs de sécurité nationale et de cohésion sociale.

Cette approche exige un dialogue permanent entre les acteurs de la sécurité, les institutions judiciaires, les institutions nationales des droits de l’homme, les médias, la société civile, le monde académique et les partenaires internationaux.

Mesdames et Messieurs,

Distingués invités,

Au-delà des échanges d’expériences et du partage de bonnes pratiques,

ce séminaire doit nous permettre de réfléchir aux moyens de renforcer la confiance entre notre dispositif sécuritaire et les populations. Il s’agit également d’identifier les mécanismes permettant de garantir que les mesures de lutte contre le terrorisme soient proportionnées, conformes à la loi et respectueuses des droits de l’homme.

Ce séminaire s’inscrit donc dans la dynamique de consolidation de la paix, à travers la mise en œuvre du « Principe des 3 P » : Prévention, Promotion et Protection des Droits de l’Homme, qui sont pour nous, dans l’approche Droits de l’Homme, les lignes directrices de l’architecture d’une politique de contre-terrorisme véritablement durable.

Mesdames et Messieurs,

La lutte contre le terrorisme doit être adossée à une solution globale qui prend en compte les facteurs de vulnérabilité, l’éducation, l’inclusion sociale, la lutte contre les discours de haine, la prévention de la radicalisation et le renforcement de la cohésion sociale.

Mesdames et Messieurs,

Distingués invités

Notre pays la Côte d’Ivoire a fait le choix de renforcer ses capacités de prévention et de lutte contre le terrorisme, tout en demeurant attaché à ses engagements en matière de droits de l’homme. Ce choix invite à faire appel à plusieurs leviers dont la formation continue des acteurs de la chaîne de sécurité et de justice ainsi que le renforcement des mécanismes de contrôle, de dialogue et de redevabilité.

Mesdames et Messieurs,

Le contreterrorisme doit reposer sur une sécurité qui rassure et qui protège.

Je formule donc le vœu que les travaux de ce séminaire permettent de faire émerger des recommandations concrètes, adaptées à nos réalités et susceptibles de contribuer au renforcement de nos politiques publiques.

Je voudrais, pour terminer, réitérer les remerciements du CNDH de Côte d’Ivoire à l’Académie Internationale de Lutte contre le Terrorisme et au Centre de Genève pour la gouvernance du secteur de la sécurité pour cette initiative.

Je salue également au nom du CNDH de Côte d’Ivoire la présence des experts et de l’ensemble des participants dont les contributions permettront, j’en suis convaincu, d’enrichir nos réflexions. Ensemble, faisons en sorte que la lutte contre le terrorisme repose sur la préservation de la dignité humaine et de l’État de droit.

Sur cette note d’engagement et d’espoir, je déclare ouverts les travaux du Séminaire conjoint de haut niveau sur « le contre-terrorisme et le respect des droits humains ».

Je vous remercie de votre aimable attention.

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